Voici le projet proposé par Jean XXIV au concours d'exposition "Etangs d'art 2008".
RESUME
Changement d’optique. La nature, longtemps crucifiée par nos indifférences, retrouve aujourd’hui son caractère sacré. Une
nouvelle religiosité toute puissante semble protéger l’environnement à tout jamais, stigmatisant les “comportements non écologiques”.
L’oeuvre interroge le visiteur sur ce changement de statut de la nature, sa sacralisation, le sentiment de culpabilité...
REFLEXION
Longtemps la nature - et à fortiori l’élément liquide - fut considérée comme non sacrée, subordonnée à l’homme, non porteuse de sens. Lacs, étangs, rivages, rivières étaient régulièrement et
souvent inconsciemment transformés en décharges sauvages. Plus un endroit naturel ne restait vierge de déchets humains, la liberté transcendant toute obligation de respect.
Les temps changent. L’Homme se doit désormais de se soucier de l’univers qui l’entoure, de lui rendre sa sacralité virginale. Une religion de l’écologie semble (de façon acceptée
?) gouverner les esprits et normaliser les rapports au monde naturel. Aucun contrefait à la règle ne peut-être être maintenu devant l’idéologie du respect du vivant qui caractérise nos sociétés
occidentales.
L’ŒUVRE
Le changement radical que représente la sanctification de la nature s’est fait en douceur à l’issu de chacun. L’œuvre ici
proposée se veut une entrée en réflexion qui amène chaque visiteur à s’interroger sur l’établissement du nouveau paradigme tout puissant.
Un signe artistique fort a été choisi pour exprimer ce passage d’un monde à l’autre, mais aussi l’expression du sacré et la force religieuse du dogme : la croix.
Le passage d’une « nature-poubelle » à une « nature-sacrée » nécessite de concevoir cette croix en une matière non neutre, s’appuyant sur le binôme : déchets/recyclage.
La croix exprime ainsi le passage entre deux temps, deux optiques :
- De l’élément liquide sacrifié (tel le Christ en croix) et asphyxié par des déchets non dégradables comme le plastique du Christ victimisé…
- A l’élément liquide rédempté (telle la croix passage de la mort à la vie) et purifié par une nouvelle religion du recyclage comme le montre les éléments métalliques provenant de centres de
retraitements.
L’œuvre résume en un moment artistique unique l’avènement d’une nouvelle société du sacré et pose en définitive la question d’une nouvelle conception des libertés individuelles.
Le cadre naturel dans lequel s’inscrit l’œuvre (émergeant de l’eau telle une légende bretonne) renforce davantage son pouvoir suggestif et interrogatif. Il résume le passage d’une
nature cimetière à une nature sanctifiée.
L’œuvre fait écho au pays de Boceliande, terre religieuse par excellence, contrée des croyances et de la transcendance. La croix lie le sacré de la nature bretonne à celle recherchée par le
changement de perspective, d’optique.
MATERIAUX
- Support / Base (invisible) : bois (type planches de menuiserie à épaisseur suffisante pour permettre une bonne rigidité)
- Plaquage artistique : uniquement des matériaux de récupération provenant de déchèteries et de centres de retraitement de l’aluminium et du métal. Les trois types de matériaux utilisés seront
principalement : le plastique retravaillé par chauffage et moulage (pour la sculpture du Christ en croix) l’aluminium et le métal (pour la croix elle-même)
Pour les explication techniques OU pour exposer cette oeuvre, contactez Jean XXIV par mail à : JeanXXIV@yahoo.fr