CONSTAT
Combien de fois, dans les musées, avons-nous cherché à emporter avec nous le souvenir d'un beau tableau, d'une sculpture, d'une photo, d'une affiche ... ?
Très souvent nous sommes bouleversé par une oeuvre qui nous remue plus que de raison, sans connaître véritablement la cause de cet émoi violent du premier regard. La notion de
soudaineté, de brutalié dans le ressenti est capital, transcendante. Elle efface et empêche toute possibilité, par la capture (photo, carte postale, catalogue acheté en fin
d'exposition...) d'emmener avec soi le souvenir du choc esthétique!
POSTULAT
Face à ce constat, Jean XXIV a décidé d'étudier le phénomène du choc artistqiue. Pour lui, c'est avant tout la subjectivité d'une oeuvre (plus que sa beauté esthétique analysable) qui nous
marque et nous bouleverse immédiatement. C'est la résonnance que l'oeuvre trouve en nous qui entraîne l'émoi. Le choc ne peut donc se faire qu'in situ, face à un original
qui fait vibrer par surprise (au détour d'une salle) notre moi complexe. Ainsi, telle personne sera émue par un tableau évoquant son enfance, la mort d'un parent, une joie oubliée,
une beauté perdue...
ANALYSE
Constat fait, Jean XXIV croit que l'unique moyen de conserver ce choc artistique vivant, mais aussi de le comprendre, est l'esquisse. Dessiner TRES RAPIDEMENT (sans analyse, en
interprêtant par rapidité l'oeuvre par un crayonné immédiat et frénétique) est l'unique façon de pénétrer l'oeuvre.
Ce dessin au crayon permet deux choses distinctes :
> Capter par sa propre sensibilité personnelle l'essence du choc estéthique sans chercher la fidélité à l'oeuvre
> Comprendre par son trait rapide et non analytique (sans respect de la vraissemblance des proportions) les raisons de l'attirance pour l'oeuvre. Le "dessin minute" fera ainsi ressortir pour qui
une note de tristesse, pour qui une souffrance, pour qui un remord...
EXEMPLE / DESSINS MINUTE :
Voici quelques exemples réalisés par l'artiste lors de ses visites de musées face à des oeuvres ayant provoquées une forte émotion, inattendue.
J. Louis David, La douleur d'Andromaque.(Louvre)
"Par ce crayonné instantané, j'ai été renvoyé à la mort de mon père. Son visage fermé aux lèvres pincées m'est revenu immédiatement à la mémoire. Moment de beauté
douloureuse"
Girodet, Atala portée au tombeau. (Louvre)
"Cette peinture a produit sur moi un choc amoureux que j'ai tenté de dupliquer par un trait frénétique, fantasmant, jaloux... "
(Musée Carnavalet)
"Je n'ai même pas cherché à connaître le nom de ce personnage. Son visage m'a plu et je l'ai aussitôt esquissé. Il me fait sans doute penser à un grand pêre aimant, que j'ai si peu
connu..."
G. de La Tour, La Madeleine à la veilleuse. (Louvre)
"Il fallait que le trait soit léger, fin, doux... Ce visage était pour moi tendresse, bienvaillance, douceur... Une beauté qui renvoit immédiatement le temps du crayonné à ces images
virginales religieuse qu'on aime prier enfants...Jardin perdu..."
Beaubourg
"Amitié(s) perdue(s). J'ai prolongé le dessin pour soigner la plaie"
Etienne Maurice Falconet, L'amour menaçant. (sculpture en marbre, Louvre)
"Vite, quelques traits pour exprimer l'espiéglerie de l'enfance. La
gourmandise d'innocentes bêtises un jour d'été..."
BONUS :
DESSINS,
JEAN XXIV (d'après modèles)
Par Jean XXIV
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Publié dans : Peintures et dessins
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