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Jeudi 9 novembre 2006

Je crois que je suis en ronflante dépression. Un de ces affaissements où l’on n’aspire plus qu’à la mort. Le trépas promptement, tout de suite, inhérent. Rien dans ce Cosmos ne me captive plus. Dès mon lever je ne brigue que le recommencement de la nuit ébène et aphasique. Chacune de mes pensées est éplorée est arriérée. Les larmes m’éperonnent les yeux sans cesse et ce n’est qu’au coût d’éminents afflux que je parviens à ne pas les laisser surgir. 

  En laissant mon chez-moi, je revêtis un vêtement erroné de « comme tout le monde ». Je me mets à jouer un personnage équitable et tantôt bienheureux alors que tout n’est que faille en moi-même. Je veux expirer, je le jure. Et au lieu de cela, je me contrains à avancer dans les allées, harponner le métro, ramper au travail et converser avec voisins et collègues. Quelle peine extrême cette condition incite en moi !!!! Je dois ravaler ma sincère santé et plastronner un ravissement qui ne subsiste pas. J‘aimerai profusément pouvoir révéler à quelqu’un mon mal être… mais je sais que cela est utopique.

  Déprimé, je n’ai plus succulence à rien. Le théâtre me tourmente et je ne parviens plus à rentrer sereinement dans le chronique des pièces. Le cinéma m’est allogène. La lecture me tord de misère. La seul chose qui me subsiste encore est la locution artistique : peindre, écrire, écouter et composer de la musique. Oui, l’art peut protéger mon globe et conserver mon squelette en sursis encore un soupçon. Pourtant, au lieu de me fuir dans une semi destinée artistique, me voilà empêché dans cette grande entreprise que me désemplit de toute opiniâtreté petit à petit. Ce monde qui n’est pas le mien m’enfouit, me tue, m’explose, me troue, me déteste !

Mon expérience se poursuit. Pour gagner la mort, je vais intoxiquer ma dépouille petit à petit de médicaments. En plus de ma diète, du jeûne, de l’anorexie maintenue à son stade primitif, je vais injecter dans ce squelette avarié et abominé, une bonne somme de matières chimiques funestes et mortifiantes. Petit à petit, mon anatomie va se délabrer et se mollir. Cette deuxième station est évidente. Après la privation de pitance, l’ajout de molécules hasardeuses. Le cocktail sera détonnant et émérite. Il augmentera mon trouble, ma nébulosité et mon appétence du mot fin.

Cette représentation sublime m’est venue de l'événement de ma maladie. Malade, j’ai, en effet, avalé des remèdes et remarqué leur machination sur mes muscles, mon armature et mon crâne. S’ils agissent amplement en époque de maladie, que pourra-t-on dire de leur nuisance en intervalle de bonne santé organique ? Je suis certain que leur action accélérera ma déambulation inévitable et opiniâtre vers le cercueil.

Qu’en pense-tu lecteur ? Es-tu enchanté de ce choix que je t’avais annoncé en grande pompe il y a quelques jours ? Approuves-tu facétieusement cette deuxième vague de souffrance qui viendra subjuguer tout mon entité ?

En tout cas, ma détermination est telle que je ne renoncerai pas à cette nouvelle épreuve volontaire. La pratique va s’engager ce jour et je t’en ferai partager l'affermissement. Rassures-toi, ma mort devrait survenir rondement maintenant. Tout cela n’est plus qu’une occupation de certains mois …

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Par mijaelx - Publié dans : stabatmater
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