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Lundi 4 décembre 2006

Inquiétude. Sordide anxiété et périlleuse angoisse. J’ai une frayeur irréfléchie de la mort d’autrui. La mienne ne m'enfonce que peu, puisque je l’ai choisie et la sais inévitable à présent. Elle ne m'épouvante pas. Pas du tout. Presque pas. J’ai, au contraire, une inquiétude abyssale de saisir et d’apprendre le trépas d’un proche. Une crainte agonisante d'estimer la disparition d’un contigu. Je ne supporterai pas un si poignant événement.
Pour ne pas objecter la mort d’un proche, je préfère mourir antérieurement.

   

 

Mon âme chavire de cette angoisse.
Je ne peux plus expirer, à présent, tant la crainte est étendue. Je suis si piteux que ce traquas subsidiaire rend ma déambulation vers le cercueil fort pénible maintenant. Mes abstinences et mes médications aléatoires s’accompagnent d’une convive qui n’était pas conjecturée : la folie de la prémonition.

Cette nuit, la peur de voir un membre de famille trépasser était si prépondérante que je n’ai pu deviner le sommeil. Ce matin, depuis que je suis arrivé au travail, cette inquiétude est si paralysante que j’en ai des écœurements et des maux d’estomac intolérables.

Je me crois défaillir à chaque moment. La chance ne me plait plus du tout à présent. Si vivre c’est garder l’effroi de cette façon, sans cesse, sans répit, je préfère ne plus exister. Ma mère, ma sœur, mon frère. J’envisage leur décès et cela le bloque le cœur si férocement que je pense faire défaut à tout instant. Vraiment, j’ai bien fait de préférer moi-même en terminer avant que de devoir affronter à nouveau l’écart définitif d’un être cher. Comprenez-vous ma mise ? Je suis certain que oui. Que vous l’approuvez même. Vous feriez semblable choix sans délibérer…

Mon âme chavire de cette angoisse. Je ne peux plus expirer, à présent, tant la crainte est étendue. Je suis si piteux que ce traquas subsidiaire rend ma déambulation vers le cercueil fort pénible maintenant. Mes abstinences et mes médications aléatoires s’accompagnent d’une convive qui n’était pas conjecturée : la folie de la prémonition.

Il est 11h38 et je suis dorénavant si stressé que je pense frôler la crise cardiaque. Le pressentiment ne cesse de se hausser à mesure que la lumière délavée avance à fugaces pas. J'épie le combiné téléphonique noir posé sur mon pupitre. J’attends un appel de l’hôpital. Un appel qui n’arrive pas. Ce putain dé téléphone va-t-il enfin sonner ???  Vite, je ne parviens plus à vivre. Mes mains sont frissonnantes et ma voix lugubre. J’ai froid. Je tremble de tous mes membres tandis que des nausées emplissent ma gorge. Je vais vraiment défaillir de cette expectative trop terrorisante.

Musique. Quelques notes de musique classique éclatent aux alentours. Mais la consolation ne se fait pas. Ces arpèges de piano… si délectables et aériens. Ces gammes montantes et tombantes ne parviennent pas à attendrir mon être si songeur. Vais—je mourir à présent ? Expirer de peur ? Est-ce possible ? La musique. Belle musique... Tu t’es arrêtée. Je suis seul dans l’apaisement de ma frayeur. A nouveau.

Oui, ce matin, rien ne va. Ma sœur (à foison affectionnée) est à l’hôpital. Service cardiologie. Je n’ai pas de communication sur sa situation. Admise en urgence hier, je ne sais où en est le diagnostic. Je ne supporterai aucune nouvelle comminatoire. Mon cœur aussi en lâcherait. Alors, la tension et la si rongeante alarme me pressurent et me ravagent au point de concevoir l’accélération de ma marche vers le cercueil. Dieu, pourquoi m’abandonnez vous ? J’ai vécu trop de calamités depuis ces derniers mois. Trop de désolations, d’altérations, de trépas, d’homicides. Je veux un peu de rémission… qu’on ne désire décidemment pas m'octroyer. Alors…

12h01. L’angoisse est désormais trop intense. Insupportable. Je vais arrêter d’écrire. Si le téléphone ne sonne pas, je vais…

Je ne peux plus expirer, à présent, tant la crainte est étendue. Je suis si piteux que ce traquas subsidiaire rend ma déambulation vers le cercueil fort pénible maintenant. Mes abstinences et mes médications aléatoires s’accompagnent d’une convive qui n’était pas conjecturée : la folie de la prémonition.

 

 

 
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Par mijaelx - Publié dans : stabatmater
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