Cher lecteur, tu découvriras ici, EN EXCLUSIVITE, un extrait de ma première pièce classique en attente de publication (recherche d'éditeur). Voici le tout début de cette oeuvre intitulée "Roxelane". Je t'en souhaite bonne découverte... en espérant que ces quelques lignes te donneront l’envie d’entendre les 3 coups !
[Personnages
Roxelane, fille du harem, elle réussit à charmer Soliman et à s’en faire épouser
Soliman, Sultan tout puissant
Ibrahim Pacha, grand vizir et ami personnel du Sultan
Mustapha, fils ainé de Soliman
Gülbahar, première épouse de Soliman
Murad, le fils de Mustapha
Rüstem, gendre de Roxelane et de Soliman, ami et conseiller de Roxelane.]
ACTE I
Scène I
Roxelane, Rüstem
Roxelane
Malgré si grands désirs, je ne suis plus que proie,
Et par tant de soupirs esclave encore une fois.
Depuis tout ce chemin, depuis toutes ces nuits,
Me voici à genoux et pleurant mon ennui.
Pourquoi tous ces effort et ces couleuvres noires,
Pourquoi ces élans forts à la tombée du soir ?
Faut-il que je demeure en bas de l’escalier,
Alors que mon espoir est de le mieux grimper ?
Je suis femme du Sultan, dessin trop ambitieux
Pour régner à ces côtés j’ai su mener mon jeu.
Depuis mon arrivée en ce palais exquis
Sans frémir chaque jour j’ai été votre ennemie :
Pour ces femmes de harem j’ai tué, j’ai juré
Les dépossédant toutes du bien si convoité.
Plus qu’autres filles j’ai rêvé qu’il soit époux
Ce Sultan bien hautain a qui je fis les yeux doux.
Pour séduire son amour, partant de si loin
Arrivant la première je savoure ma fin.
Mais ce jour des délices où je criais ma gloire
Baisant sans supplice l’insigne du pouvoir
M’apparaît, cet instant, plus fané que l’hiver
Me sachant tombée au début de ma guerre.
Mon cœur saigne, cher Rûstem, en cette aube rougie
En songeant à mon fils victime malgré lui.
Rüstem
Tes paroles sont touchantes, oh Roxelane !
Mais je ne vois pas dans ta vie de Sultane
Ni ombre ni trouble qui viennent en ces lieux
Affecter ta beauté et te froisser les yeux.
Dites, oh ma déesse, pourquoi vos sangs glacent
Ce matin chaud et beau qui perce ma cuirasse.
Roxelane
Ne sais-tu pas, toi mon cher ami de toujours
Qu’au moment où je parle et depuis plusieurs jours,
Mon âme chavire et la tristesse m’envahit ?
J’en voudrais même mourir si je n’aimais trop la vie…
Tu loues à raison mes vertus si charmantes
Qui du Sultan très haut m’ont su rendre l’amante.
Oui, j’ai fais en sorte qu’il me choisisse comme sa reine
Qu’il me préfère de loin à ces autres qui se traînent.
Dans son palais elles se pâment, espérant le mariage
Et malgré mon jeune âge je n’en pris point ombrage.
J’ai excité ses craintes, odalisque de sérail
Et avant mon heure venue je pris place aux ripailles.
J’ai charmé le Sultan lors du repas si bénis
Et pu m’entrouvrir, rebelle, les attraits de son lit.
Dès ma première nuit avec l’altesse de ces lieux
J’ai bravé mon rang et osé lui voir les yeux.
Honoré par mon Seigneur, je laissais mon regard
Etre choyé à souhait par un Sire peu bavard.
Je sais que cette bravoure pouvait valoir trépas
Que ma vie en un coup, se jouait en ses bras.
Mon audace a payé, comme tu le sais cher ami
De fille de plaisir, je devins Sultane en cette vie.
Soliman fut surpris par mes audaces de déesse,
Aux anciennes, il m’élu comme unique maîtresse.
Rüstem
Mais cela je le connais, prunelle de mes jours
Et te fis grâce de mes heures au long de ton parcours.
Alors, vas-tu me dire, beauté sans faille ni loi
Pourquoi en cette brume, tu sembles perdre foi ?
Roxelane
Oh mon tendre ami, mon doux confident sans faille
C’est que me travaille le fruit de mes entrailles.
Si je suis la Sultane à la place d’autres lys
Je le suis seul pour moi, pas encore pour mon fils.
J’ai tous les pouvoirs de conseil sur un mari,
Qui quand il sera mort, me plongera aux oublis.
Il y a des obstacles à établir ma descendance,
Des ennemis nouveaux qui me veulent tous créance.
Sais-tu qu’en ce moment où nous parlons tout bas
Soliman d’un autre reçoit conseils et tracas ?
Je parle d’Ibrahim, tout enrubanné de gloire,
Que mon mari écoute, Vizir me langeant de moire.
A sa place doit siéger mon enfant tout béni
Fils de l’union démente d’une belle première nuit.
Ibrahim doit laisser s’avancer mon audace
Ou mon cœur attristé se percera sur place.
Vizir tu règne plutôt que mon ma chaire chérie
Tu mourras en ce jour ou j’y laisserai ma vie !
(...)
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