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Mardi 7 août 2007

Je dépends à mes dépends de vos dépendances.





Il faut savoir fracasser les filins et déloger le monde de châtiments qui fait mon alluvion quotidien de son effroi de labeur. Je suis dans une geôle, dans une cage, dans un abîme de rigueurs. Ma place est ailleurs : depuis que je souffre tant et tant, j’ai cru concevoir et accueillir cette pensée radieuse.

Il faut que je parte. Je sais à quel point il est vital de virer les talons et de passer à autre étoile. J’ai en une cognition émoussée à présent. Insigne conviction !

Voilà, j’ai achoppé à nouveau il y a quelques semaines. Arrêt maladie. Mortelle affection qui m’a avisé de progresser, besogner. Un penchant atroce qui a imposé à mon thérapeute de me contenir. Une fosse sombre et périssable. Plus dormir, plus manger. Que pleurer et méditer à mon défunt canevas que je voulais si jouxtant. Ne plus être protégé. Tel était ma condition. Ma dépression, ma ruine….

Je connais que j’ai manqué d’outrepasser. Cette fois, j’ai vu les firmaments se décacheter, si attenants à moi. Je ne hasarde plus. Je ne badine plus. Je ne me ménage plus un laconique cirque enchanté de crédules qui s'égaye d’un mal-être et d’une autolyse en suspens. Je ne contrôle plus ce néant. L'aven a pris le dessus. J’ai égaré mon âme. Mon essence est défunte et moi quasiment.
Le praticien m’a arrêté. M’a empêché de réintégrer l’amusement de carnage de mon théâtre laborieux journalier. Je ne dormais plus, ne me ravitaillais plus. Je laissais la mort m'accommoder de sa volumineuse senestre gantée d’ébène. Plusieurs jours. Plusieurs semaines. J’ai subsisté ainsi sous contrepoisons et traitements palliatifs pour m’allouer à nouveau la succulence d’une vie a jamais trépassée.

Je me suis attaché à l’affection. Je suis dépendant de tout. De vous.

J’ai pris cognition qu’un masque trop chargé m'asphyxiait. Là, posé à ce cabinet que j’abhorre et qui me rend divergent. Je ne suis pas moi-même et je m’affaisse sous la masse de ce personnage qui doit empoigner mon épiderme durant des continuités de besogne périssable. Je suis autre. Je suis loin ; je m'escroque en ces quatre murailles de contre plaquer où grésillent des ordres apathiques et profusément iniques.

Ma dépression fut tragique, croyez-moi. J’ai spéculé sinistrement sur une fin imminente. Ne pas manger, ne pas dormir, seulement pleurer. Je ne survins plus à discourir, plus à sourire, plus à batailler avec ce spectre en accoutrement de céruléenne qui m'empoignait les intestins à la petite semaine. L’arrêt de travail. L'ordonnance d’une destinée. La fin d’une acerbe dépendance au regard affable des sagaces. L’arrêt. La fin, le stop.

Mais que veux-tu, si je m’en suis évacué cette fois, la frayeur est patente. Je ne veux plus plaisanter. L’exhibition était bornée. La mort était inévitablement déversée sur mon lit. L’accès de ma mansarde était mon initial linceul. Ma mère a du gémir face à mon effraction non controuvée. J’ai failli expirer pour sincère. Et je n’ai eu qu’une laconique robustesse pour batailler en conséquence. Une lueur d’existence est restée dans mes yeux :
« Chut, ne dis rien… dans tes yeux, je vois l’jour ».

Merci à toi de m’avoir procuré le zèle pour me gouverner une ultime fois. Extrême. Dernière.

Plusieurs jours et semaines. Des mois encore de traitement pour parvenir à recouvrer le dominant. Le trépas toute prochain. Je me laissais expirer cette fois, d’appétence, d’altération, de repos et d’un chagrin autocratique.

Puis, il a bien fallut récupérer mon défroque ignoble de faux sociétaire gringalet et con, empesté et merdeux, salope de connard de ta physionomie de merde. Et me voici assis entre ces quatre frontons de papier mâché vis-à-vis d’un écran qui me seringue toute hardiesse pionnière, toute envie de me battre avec TOI, le supérieur entrepreneur qui sème le doute et la mort en tes délectables enfants.
Me voici sur ce trône de bureau qui fronce sous mon faux-jeu d’halluciné asthénique qui est passé si près de sa lisse inanimation.



Replacer le maque ? Non, cette fois-ci, je ne peux plus distraire davantage. Il faut déguerpir, crois-moi. Abandonner pour respirer. Je lance mes attentes dans un suprême déplacement, une dernière quémande un ultime chalenge. ART. Art, me voici, tu me tends les bras et je me déroule dans ton foutre torride de délicieux ange de mes opacités. Je ne vivrai que pour toi, sommeil de saturne et méditation lucide. Je ne reverrai plus une destinée de dimanche, mais me catapulterai dans une fortune de contemplation vérifiable.

Je postule devant Toi, Dieu éternel et tout puissant. Art. ARTISTE. Formez-moi et souffrez –moi en votre grade.
J’ai téléphoné à ton secrétariat, art. J’ai laissé mon invocation. J’attends que tu me parages et que tu me souffres. Fuyons conjointement, je te prie. « Amen, je te le dis, tu es mon fils bien aimé en qui j’ai mis toute ma confiance ».

Lecteur couillu et corrompu, tu m’as vu érafler la fin. Tu me vois ragaillardir. Je désire réprimander ma dépendance affective. Décocher au feu le miroir « deux fois moins bien » d’une « protection (…) » méprisable pour exister en exactitude. Vérité artistique.

Je souhaite une réponse. Mon art sera-t-il estimé ? Serai-je pris dans cette nouvelle structuration qui enseigne à exhaler les étriqués d’un messie révélé sur chevalet ?

J’ai été arrêté. Durant des aubes, des semaines exhaustives de traitements. Je repars mais pas pour une année de plus dans ces instruments hideux qui m'éraflent le coeur d’une exhibition âcre. Une nouvelle chance ? Oui, je tente une nouvelle vie. La dernière chance ? Oui, ce sera mon suprême engagement. Je me pique pour une extrême atteinte à la vie. Si la nouvelle existence ne veut pas de moi, je sais désormais comment en finir :

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Par mijaelx - Publié dans : stabatmater
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